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mardi 29 janvier 2019

"Les enfants de la nuit" Frank Delaney

"Les enfants de la nuit" Frank Delaney
Ed. Le Cherche Midi 2010.
Titre en VO: "The Amethysts"(1998)

Résumé: Michael Newman, architecte londonien renommé, a vécu une relation passionnelle avec Madeleine, une femme fragile et mystérieuse, de quinze ans son aînée, dont il ne connaissait rien, ni son histoire ni son passé. Sans doute était-elle la femme de sa vie, mais il l'a compris trop tard : Madeleine a été assassinée dans d'étranges circonstances. Trois ans plus tard, Michael, qui ne s'est toujours pas remis de ce drame, prend quelques jours de repos dans un hôtel en Suisse. C'est là qu'il fait la connaissance d'un couple de riches hongrois, qui lui montrent quelques photos de la villa qu'ils sont en train de restaurer en Italie. Sur l'une d'entre elles, Michael reconnaît une tour Eiffel en améthyste, une pièce unique créée pour Madeleine, le seul objet dérobé par l'assassin après le meurtre. Dès lors, Michael, devenu la proie d'une série d'agressions, décide de lever le voile sur les secrets de Madeleine et de reprendre l'enquête sur sa mort. C'est le début d'un ténébreux voyage qui, de Londres à Venise en passant par New York et Athènes, le conduira au coeur du cauchemar nazi et de ses expériences les plus inhumaines. Dans un style à la puissance d'évocation remarquable, Les Enfants de la nuit pose des questions fondamentales sur la relation entre l'Histoire et les destinées individuelles, la nature du mal, les traumatismes et la résilience, sans jamais se départir d'un suspense qui bien vite tourne à l'obsession.

Cher ami lecteur, il m'aura fallu le week-end complet pour terminer ce pavé. Et honnêtement, j'ai très vite été dubitative. L'intrigue est longue et alambiquée et pourtant particulièrement facile à cerner. On comprend vite où Delaney veut en venir. Certes, il maîtrise assez bien les scènes difficiles à lire. Tortures aussi bien psychologique que physique; des expériences rebutantes et particulièrement malsaines. Oui, on ne peut pas rester indifférent au propos de Delaney. Malheureusement, ce qui aurait pu être un bon roman n'est as aidé par des personnages lisses. Michael en particulier ne m'a absolument pas touchée. Je n'y ai pas cru à son histoire. Il ne m'a pas donné de tendresse pour Madeleine. Bref, Delaney n'est pas parvenu, pour moi, à nous livrer une histoire, portée par des personnages qui vaille réellement la peine de s'y attarder. Mais comme je déteste abandonner des romans, j'ai continué envers et contre tout. Et même en lui donnant sa chance, pas moyen de vraiment entrer dans ce roman qui était pourtant prometteur. 
Première grosse déception de l'année. 

jeudi 24 janvier 2019

"Par le vent pleuré" Ron Rash

"Par le vent pleuré" Ron Rash 
 Ed. Seuil 2017..
Titre en VO: "The Risen" (2016)

Résumé: Dans une petite ville paisible au cœur des Appalaches, la rivière vient de déposer sur la grève une poignée d’ossements, ayant appartenu à une jeune femme. Elle s’appelait Ligeia, et personne n’avait plus entendu parler d’elle depuis un demi-siècle. 1967 : le summer of love. Ligeia débarque de Floride avec l’insouciance et la sensualité de sa jeunesse, avide de plaisirs et de liberté. C’est l’époque des communautés hippies, du Vietnam, de la drogue, du sexe et du Grateful Dead. Deux frères, Bill et Eugene, qui vivent bien loin de ces révolutions, sous la coupe d’un grand-père tyrannique et conservateur, vont se laisser séduire par Ligeia la sirène et emporter dans le tourbillon des tentations. Le temps d’une saison, la jeune fille bouleversera de fond en comble leur relation, leur vision du monde, et scellera à jamais leur destin – avant de disparaître aussi subitement qu’elle était apparue. À son macabre retour, les deux frères vont devoir rendre des comptes au fantôme de leur passé, et à leur propre conscience, rejouant sur fond de paysages grandioses l’éternelle confrontation d’Abel et de Caïn.

Nous sommes le 24 Janvier 2019, et voici mon premier coup de cœur de l'année. Il y a des romans dont on ne peut expliquer l'effet qu'ils ont sur nous. Je me suis engouffrée dans ce roman. Je me suis plongée et je n'en suis pas sortie indemne. Ce n'est pas vraiment l'histoire en elle-même. Deux frères et une jeune fille. On retrouve les ossements de cette dernières près de cinquante ans plus tard. Que s'est-il passé? Simple non? Mais pourtant, ami lecteur, si l'histoire n'est pas extraordinaire et si, honnêtement, la fin n'est pas spectaculaire non plus, on ne peut que porter aux nues l'écriture de Ron Rash. Ce natif de de la Caroline du Sud nous emporte dans son monde rugueux et empli d'injustices. On découvre Bill et Eugene, deux frères que pratiquement tout oppose, sauf la haine qu'ils portent à leur grand-père tyrannique. On aurait presque envie de les sauver même si on sait que c'est déjà trop tard. Ils ont déjà été cramés par la vie, par cet été où tout va changer. Si Bill semble s'en être mieux sorti que son frère, devenu alcoolique, on découvre, au fil des pages, que Bill est tout aussi endommagé que Eugene. Roman d'initiation, on se laisse emporter dans cette Amérique que Rash construit et déconstruit. On sait que Ligeia les manipule. Mais on ne peut s'empêcher d'être attaché à cette adolescente en perdition. Ils vont tous couler à leur manière, rattrapés par le monde des adultes. Les enfants d'hier sont devenus des hommes accablés par la vie. L'un sombre, l'autre donne le change. Mais au final, ils sont plus semblables qu'ils ne le croient. La vie les a séparé. Cet été aura mis une distance infranchissable entre eux. Et pourtant... 
L'écriture de Rash est phénoménale et le classe dans les meilleurs écrivains américains de ces vingt dernières années. C'est à regret qu'on referme ce livre. On aurait encore voulu rester quelques instants aux bords de cette rivière. Mais le temps nous a rattrapé aussi. Un pur bijou. Tu l'auras compris, ami lecteur, celui-ci, je l'ai adoré.

"A l'hôtel Bertram" Agatha Christie

"A l'hôtel Bertram" Agatha Christie
Ed. du Masque 2015.
Titre en VO: "At Bertram's Hotel" (1965)

Résumé: Ah ! Les muffins de l'hôtel Bertram...
Ils n'ont pas leur pareil. Non plus que le thé, le personnel stylé et les clients, ladies respectables, ecclésiastiques et officiers en retraite qui viennent y retrouver l'atmosphère d'antan... Vraiment, l'hôtel Bertram est plus victorien que nature, et Miss Marple se réjouit d'y passer une semaine. Et pourtant, quelques détails la troublent : cette jeune fille, Elvira, qui s'est amourachée d'un pilote de course peu recommandable, sa mère, une aventurière décidée, et ce pauvre chanoine Pennyfather qui disparaît...
Il est bien étourdi, mais tout de même... Décidément, tout n'est peut-être pas aussi paisible et feutré qu'il y parait... à l'hôtel Bertram.

Il n'y a pas meilleur temps que de la neige et un froid glacial pour se complaire sous un plaid avec un bon Agatha Christie. C'est une belle phrase d'entame, tu ne trouves pas, ami lecteur? Non parce que, soyons francs, il n'y a pas meilleur temps qu'un soleil de plomb et une piscine pour se complaire sur une chaise longue avec un bon Agatha Christie... L'auteure convient en toute saison. Par contre, ce que tu ne sais peut-être pas, ami lecteur, c'est que je souffre du symptôme "christien" du "j'adore" ou "je déteste" les romans de Agatha Christie. C'est tout ou rien. Je suis comme ça moi, intransigeante (je sais, je me mens) Enfin bref, qu'en est-il de celui-ci? "A l'hôtel Bertram"? Si je suis moins fan de la saga Marple (ben oui, je suis belge alors forcément, Poirot et moi, c'est une grande histoire d'amour) "A l'hôtel Bertram" m'a beaucoup plu. Au-delà des personnages très atypiques et particulièrement attachants, c'est surtout l'ambiance de cet hôtel qui a tout fait pour moi dans ce roman. J'ai eu envie de m'y installer pour quelques jours. Un hôtel hors du temps et aux coutumes d'un autre siècle. Et ce Pennyfather, tête en l'air s'il en est. Et que dire de la plume de Christie qui n'ait pas déjà été dit? Ce roman est confortable. J'ai aimé m'installer dans cette histoire et me laisser porter par cette intrigue bien menée. Je n'ai même pas essayer de trouver la solution par moi-même (toi aussi tu as cette manie, ami lecteur?) Je me suis juste laissée emportée à l'hôtel Bertram. J'espère que toi aussi tu t'y plairas. Bonne lecture à toi, ami lecteur.

"Il est de retour" de Timur Vermes

"Il est de retour" Timur Vermes. 
Ed 10/18 2015;
Titre en VO: Er ist wieder da (2012)

Résumé: A Berlin, en 2011. Soixante-six ans après sa disparition, Hitler se réveille dans un terrain vague de Berlin. Et il n'est pas content : quoi, plus personne ne fait le salut nazi ? L'Allemagne ne rayonne plus sur l'Europe ? Tous ces Turcs qui ont pignon sur rue sont venus de leur plein gré ? Et, surtout, c'est une FEMME qui dirige le pays ? Il est temps d'agir. Le Führer est de retour et va remettre le pays dans le droit chemin. Et pour ça, il lui faut une tribune. Ca tombe bien, une équipe de télé, par l'odeur du bon filon alléchée, est toute prête à la lui fournir. La machine médiatique s'emballe et bientôt, le pays ne parle plus que de ça. Pensez-vous, cet homme ne dit pas que des âneries ! En voilà un au moins qui ne mâche pas ses mots. Et ça fait du bien, en ces temps de crise... Hitler est ravi qui n'en demandait pas tant. Il le sent, le pays est prêt. Reste pour lui à porter l'estocade qui lui permettra d'accomplir enfin ce qu'il n'avait pu achever...

 Je sais ce que tu te dis, ami lecteur, il y a certainement des livres plus drôles que celui-là pour te divertir. Et dans un sens, tu as raison. Entrevoir un retour de Hitler dans une Allemagne (et une Europe au sens large) déchirée par les conflits socio-économiques et où les nationalismes et les extrémismes de tous bords montent en puissance, c'est vrai qu'il y a plus relaxant. Mais là où tu as tort, c'est que ce livre est drôle. Enfin, on s'entend, tu ne vas pas te claquer les cuisses en t'esclaffant que, finalement, ce bon Adolf est un comique de premier ordre. Par contre, si tu te laisses prendre au jeu, tu vas sans doute le trouver intelligent ce bouquin et tu vas te retrouver à le dévorer. En tout cas, moi c'est ce que j'ai fait. Beaucoup de personnes trouvent que le roman est un peu trop répétitif. C'est vrai, mais la répétition se trouve dans le quiproquo des personnages qui ignorent tous qu'ils ont en face d'eux le vrai Hitler et non pas un comédien qui tente de créer le buzz. Alors forcément, Adolf, il doit se répéter car ils ne semblent pas piger l'importance de son discours. Ils pensent que ce n'est qu'un clown. Et c'est vrai, au final, ce type a toujours été un clown. Mais à force d'en rire, certains trouvent que peut-être, il n'a pas si tort que ça. Alors certains commencent à acquiescer à son discours. Ca sonne comme une histoire que tu as déjà entendue, pas vrai? Et c'est là que réside toute l'intelligence de ce roman. On apprend rien de nos erreurs. Vermes aurait pu choisir de critiquer la montée du racisme et de la xénophobie d'une manière différente mais ça a déjà été fait, plusieurs fois. Lui, il décide d'y aller fort, il te ramène Hitler. 
Bon, on ne va pas se mentir, oui, ce roman a quand même quelques défauts. Déjà, Hitler, il se réveille, juste comme ça. Pas d'explication. Il se réveille en 2011 et puis c'est tout. Tu te démerdes avec ça. Mais bon, passons, nous non plus on aurait pas su comment le ramener sans plonger dans un thriller politico-scientifico-blablatico. Alors peut-être que c'était voulu, que Vermes voulait juste illustrer son propos avec le plus grand monstre de notre Histoire contemporaine. Moi, ça me va, mais je comprend que ça puisse rebuter. C'est vrai qu'il y a beaucoup de répétitions. Mais je suis de ces lecteurs que les répétitions ne dérangent pas. Et au final, ce qui est le plus décevant dans ce roman, c'est sa fin. Tu verras, c'est une fin ouverte. Et moi, je n'aime pas trop les fins ouvertes sur ce genre de sujet, je trouve ça dangereux que quelqu'un, dans son salon, puisse s'imaginer la suite.Mais bon, les racistes, homophobes, misogynes et leurs amis n'ont pas besoin de Vermes pour s'imaginer un monde où ils règneraient en maîtres sur les autres. Ils n'ont pas besoin de ce bouquin non plus. Par contre, si tu connais des gens qui sont assez malins  pour comprendre cette critique viscérale et intelligente, n'hésite pas à leur conseiller ce livre. Vermes prévient qu'aujourd'hui, on a même pas besoin d'être Hitler pour dire des âneries et qu'il y aura toujours des imbéciles pour tendre l'oreille. 
 

mercredi 23 janvier 2019

"Agatha Raisin: Vacances tous risques" MC Beaton

"Agatha Raisin: Vacances tous risques" MC Beaton
Ed. Albin Michel 2017.
Titre en VO: "Agatha Raisin and the terrible tourist" (1997)

- Agatha Raisin enquête: la quiche fatale. 
- Agatha Raisin enquête: remède de cheval. 
-Agatha Raisin enquête: pas de pot pour la jardinière. 
-Agatha Raisin enquête: randonnée mortelle.
- Agatha Raisni enquête: pour le meilleur et pour le pire.

Résumé:  God damned ! Voilà que James Lacey, le charmant voisin d'Agatha Raisin, a disparu ! Renonçant à lui passer la bague au doigt, comme il le lui avait promis. C'est mal connaître Agatha. Délaissant son village des Cotswolds pour Chypre, où James et elle avaient prévu de célébrer leur lune de miel, elle part sur les traces de l'élu de son coeur, bien décidée à lui remettre la main dessus ! Mais à peine l'a-t-elle retrouvé, pas le temps de s'expliquer : une touriste britannique est tuée sous leurs yeux. Fidèle à sa réputation, Agatha se lance dans l'enquête, quitte à laisser filer James, las de ses excentricités...


Ce qui devait arriver, arriva. Il fallait bien qu'un Agatha Raisin me déçoive un peu. Et c'est le cas pour celui-ci. Agatha m'a agacée du début à la fin. Déjà que je n'aimais pas James, ce tome ne va pas m'aider à l'apprécier davantage. L'intrigue en elle-même est assez réussie mais les relations Agatha-James prennent le dessus. Et malheureusement, cela ne sauve pas ce tome. Tu auras envie de secouer ta bonne vieille Agatha, mon ami lecteur. Tu vas souvent lever les yeux au ciel en écoutant les arguments d'Agatha. Oh bien sûr, tu comprendras parfois son comportement, mais tu voudras qu'elle tourne la page. Est-ce que tu vas aimer l'intrigue policière? Oui, probablement, mais bon sang que le reste va t'agacer. Là tu te demandes si ça vaut bien la peine de le lire ce roman, au final. Et là, je vais te répondre franchement: oui, tu vas le lire puisque tu es sûr que ce n'est qu'un faux pas et que la suite de la saga va se reprendre. Je suis comme toi, c'est tout ce que j'espère. 


Extrait (semaine 4)

"Il y a une volupté à se faire des reproches à soi-même. Quand nous nous condamnons, nous sentons que personne n'a plus le droit de nous condamner. C'est la confession et non le prêtre qui nous donne l'absolution"
"Le Portrait de Dorian Gray", Oscar Wilde (1890) 

"Agatha Raisin: Pour le meilleur et pour le pire" MC Beaton

"Agatha Raisin: Pour le meilleur et pour le pire" MC Beaton
Ed Albin Michel 2017. 
Titre en VO: "Agatha Raisin and the murderous marriage" (1997)

 Titres parus avant ce tome

- Agatha Raisin enquête: la quiche fatale. 
- Agatha Raisin enquête: remède de cheval. 
-Agatha Raisin enquête: pas de pot pour la jardinière. 
-Agatha Raisin enquête: randonnée mortelle.

Résumé: Incroyable mais vrai : James Lacey, le célibataire le plus convoité des Cotswolds, a cédé au charme de sa voisine, la pétillante quinqua Agatha Raisin ! Hélas, le conte de fées est de courte durée : au moment où les tourtereaux s'apprêtent à dire "oui", Jimmy, l'ex-mari d'Agatha, surgit en pleine cérémonie... Furieux de découvrir que sa future femme est déjà unie à un autre, James abandonne Agatha, désespérée, au pied de l'autel. Le lendemain, Jimmy est retrouvé mort au fond d'un fossé. Suspect n°1, le couple Agatha-James se reforme le temps d'une enquête pour laver leur réputation et faire la lumière sur cette affaire.

Agatha va se marier! Avec James! (je ne l'aime pas trop lui) C'était sans compter la réapparition de Jimmy, son mari. Non pas que notre bonne vieille Agatha soit bigame, non, elle le pensait mort, noyé dans sa propre vodka. bon, elle aurait sans doute du vérifier. Parce qu'au moment de dire "oui", Jimmy réapparait et ruine la fête. Et bien évidemment, Jimmy se fait tuer. Un emmerdeur jusqu'au bout ce Jimmy. Et qui est suspect? ben Agatha, évidemment. Il va donc falloir laver son honneur en compagnie de James, qui devient de plus en plus antipathique en ce qui me concerne. Je ne vois vraiment pas ce qu'elle lui trouve à ce pisse-vinaigre égocentrique.
Pour la première fois, on va rencontrer Agatha dans ce qu'elle a de plus vulnérable, elle va t'agacer avec son james, ami lecteur, crois-moi. Mais on retrouve bien la patte Beaton qui fonctionne toujours aussi bien. On est toujours dans cette Angleterre intimiste et totalement voyeuriste. Ces gens n'ont pas de voisins, ils ont des espions. L'intrigue est bien ficelée et on se laisse à nouveau avoir par l'auteure qui nous livre un roman bien agréable à lire. Détente assurée.